
J'ai fait un tests durant ces vacances : je me suis dit, tiens, partons sans bouquin, histoire de pas passer trop de temps à lire, mais plutôt à profiter, à être AWARE, et complètement disponible pour d'autres choses. Première semaine, ça va. Je ne lis pas un seul bouquin, juste des magazines, des journaux, bref, rien de trop. Je me dis, ça va, je tiens le coup sans trop de mal. Et là, deuxième semaine, je me suis rendu compte d'une chose : sans avoir une lecture au long cours, quelque chose de plus consistant qu'une suite d'articles, quelque chose me manquait. Alors, j'ai essayé de définir ce "quelque chose". Evidémment, je parle ici de la lecture, mais comment définir ce manque.
Première hypothèse : le bouquin me fait passer le temps, m'occupe. Un peu comme un fumeur qui, in fine, occupe ses mains et se donne une activité (même illusoire, mais passons) au lieu de ne rien faire, la lecture comble les cases vides de mon temps. Alors, si on va au bout du raisonnement, on peut se dire que je suis incapable de "faire des choses", et que je me complets dans l'inactivité, la lecture venant combler la frustration inconsciente générée par ce vide. Ce serait une thèse à charge, mais qui peut se défendre. Après tout, quand on lit, on ne vit pas. Le corps est complètement inactif, on ne voit personne, on ne parle pas, le lecteur est un vrai autiste. Un peu comme passer sa vie sur le net, lire, c'est ne pas vivre, ou alors vivre à côté de la vie. Restrospectivement, je me rends compte qu'il y a pas mal de moments où je lisais alors que j'aurais pu faire d'autres choses. Résultat, je me souviens presque plus des bouquins que je lisais, ou si peu, et peu de souvenirs restent, au final
Deuxième hypothèse : la lecture est peut être l'activité la moins frustrante de mon existence. En effet, je suis rarement en train de passer un mauvais moment quand je lis. J'ai toujours l'impression que la prochaine page à lire sera peut être celle qui me marquera jusqu'à la fin de ma vie, celle qui me changera et me rendra meilleur. Un peu comme pour la musique, où le prochain morceau, que je ne connais pas encore, est potentiellement le meilleur que j'aurai jamais écouté. C'est une sorte de quête inassouvie, qui ne cessera peut être jamais. De ce fait, je me rends compte qu'une fois un livre fini, j'y pense peut être encore un peu, mais il est fort probable qu'il sorte presque complètement de mon esprit une fois le livre suivant débuté. Un peu comme pour une chaine de montage, la pièce qui suit remplace la pièce précédente. Alors, ce n'est pas complètement vrai, au final, parce qu'il y a quand même un nombre certain (un certain nombre?) d'ouvrages qui ne sortiront jamais de mon esprit. Mais bon, sur la totalité, je me rends compte que c'est peut être l'exception. La lecture se suffit à elle même, quelque soit le contenu, le lieu, l'histoire.
Troisième hypothèse : depuis le début, je parle de lecture, de livre...bon, c'est vague. Il faut quand même préciser que je lis avant tout des romans. Bien évidemment, je varie, je mélange, avec des essais, des bio's, des trucs sur la musique et le cinéma. Mais. Au final. Ce qui compte, c'est de se faire prendre par la main, et de se faire raconter une histoire. De s'immerger dans un univers. Dans une...euh...cosmogonie (eh eh, je l'ai cherché celui là...) propre avec une logique différente, des tenants et des aboutissants surprenants, quelque chose qui me révelera un monde différent. Que ce soit imaginaire, ou bien réel. C'est pour ça que j'aime bien lire des romans qui sont, in fine, à mille lieux de ma propre logique. L'exemple parfait est Houellebecq. J'ai l'impression, dans chacun de ses romans, de découvrir une autre manière de réfléchir, de poser sa vie, d'appréhendre les choses. Être d'accord ou pas importe peu. C'est le cheminement intellectuel qui me ravira. Et puis les histoires, c'est comme dans des films, et c'est pour cela que j'ai toujours du mal à apprécier une adaptation d'un bouquin au cinéma. Parce que je me suis déjà passé le film dans ma tête.
Alors, pour vous rassurer, j'ai bel et bien succombé à la lecture pendant mes vacances, et c'est reparti de plus belle. Bon, je sais pas trop pourquoi j'ai abordé ce sujet, peut être parce qu'après cette diète d'une semaine, ej me suis rendu compte que c'était inutile, et qu'il valait mieux que j'y succombe plutôt que de souffrir inutilement.
Quant au drapeau Polonais, oui, complètement, je sais pas ce qu'il vient faire ici. Mais il était sur mon ordi, je me suis dit qu'il serait bien ici!
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